En forme oui, mais en forme de quoi….

Pendant toute ma scolarité, plutôt scientifique, on m’a présenté quantité de systèmes de classement, de tri, parce que le cerveau humain a besoin de catégoriser pour comprendre. Il existe mille manières de classifier la réalité, et tous les objets courants ont été décrits précisément et rattachés à un ensemble. Tous ?
Non, car malgré sa position avantageuse sur notre corps, malgré son importance dans la culture populaire, malgré son utilité et les plaisirs auxquels elle nous permet l’accès, il est une partie de notre corps qui n’a jusqu’à présent pas fait l’objet d’un classement en bonne et dûe forme.

Si je vous demande le point commun entre une trompette, un grec, un romain, une patate, et un bourbon ? Allez un petit effort… Vous ne savez pas, essayez le pif !

Eh oui, il est trop près de nos yeux pour qu’on le voie, nous l’avons en permanence sous…  sous lui-même, j’ai nommé notre nez ! Il a tellement de noms (blair, blase, nase, piton, tarin, groin, museau, narines, pif…), il est tellement populaire (Pinocchio, Cléopâtre, Cyrano…) que forcément on aurait théorisé dessus ? Que nenni ! La typologie la plus exhaustive que je trouve vient de Wikipedia, avec 10 formes différentes, dont ni les noms ni la description ne sont très scientifiques : « en patate », « bec de canard » ou encore « nez de betterave » qui décrit « un nez enluminé », avis aux amateurs.

Personne n’avait donc pris la peine de s’y pencher bien sérieusement,  jusqu’à ce qu’un certain Abraham Tamir ne vienne mettre son nez dans cette affaire, et décide de classifier ceux des autres. Il publie donc en mai 2011 une étude décrivant par le menu les types de nez et leur fréquence statistique. Ses observations ont été effectuées sur un peu moins de 2000 œuvres picturales ou photographiques, représentant des hommes et des femmes originaires des Pays-Bas, de Belgique, et de France. Une étude prenant en compte les spécificités anatomiques des peuples africains, sud-américains et asiatiques permettrait d’augmenter considérablement le nombre de données et d’établir un classement plus complet.

En totalité Tamir a décrit 14 types différents, qu’il a chaque fois rattachés à une œuvre d’art existante. En revanche, après son travail d’analyse et de tri, il a établi des catégories sans leur donner de nom, ce qui l’a fait passer à côté du moment (certainement) le plus amusant de son étude, tout en ne permettant pas un partage très aisé des résultats…

A titre d’exemple les nez les plus courants (respectivement 24,1% 16,3%, 12,9% et 9,4% de la population étudiée:

Non content de nous permettre de savoir de quel genre de tarin la nature nous a affublés et d’avoir un aperçu de son infinie créativité, cette étude met en lumière la difficulté d’un métier fort mal connu du grand public : concepteur de masques pour le traitement par PPC. En effet, une fois qu’on imagine les infinies variations individuelles, trouver une forme empêchant l’air de s’échapper, faire coïncider parfaitement une membrane de silicone avec les courbes parfois excentriques de toute une variété de nez d’hommes et de femmes ? La forme, la taille, les angles, dépendent à la fois de la forme du crâne, du sexe de la personne, des éventuelles déformations pouvant survenir au cours de la vie… un vrai casse-tête !

Même si l’évolution des matériaux et du design des masques est rapide et permet une réelle amélioration du confort des patients, la création d’un masque universel adaptable à toutes les morphologies relève de l’impossible, d’où l’importance de conseils de qualité de la part des prestataires de santé à domicile, et la nécessité de tenter l’aventure avec plusieurs masques pour déterminer le plus adapté.

Si c’est sans succès, il vous reste cette option (chez tous les bons antiquaires)

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