Soufflé par la PPC !

Je ne suis pas sujet au syndrome d’apnées du sommeil, mais j’en ai découvert l’existence il y a environ 2 ans. Depuis, j’ai appris ce qu’était le SAS, les différents moyens de le traiter, rencontré des spécialistes de cette maladie et des personnes qui vivent avec elle.

La chose la plus frappante lorsqu’on s’intéresse au SAS est l’appareil de PPC, que les patients doivent utiliser pendant leur sommeil. C’est en somme assez simple, un moteur électrique pompe de l’air et le délivre avec une certaine pression dans les voies aériennes, par le nez, la bouche ou les deux en fonction du type de masque. En gros c’est une petite boîte, de laquelle sort un tuyau, à l’extrémité de celui-ci se trouve le masque avec son système de fixation…

Un matin, un des médecins avec qui je travaille propose à quelques collègues et à moi-même de découvrir les sensations procurées par la pression positive continue… Nous sautons sur l’occasion, et, chacun notre tour, nous faisons attacher le masque sur le visage.

Nous avons effectué le test avec un masque narinaire, le plus petit et le moins « pilote de chasse ». C’est parti, on met le masque sur le nez et on lance l’appareil… Une légère vibration venant de la boîte, puis l’air commence à affluer dans mes narines, j’ajuste légèrement le joint en silicone pour arrêter le flux qui venait me caresser l’œil gauche, et c’est parfait. Je respire tranquillement, et la machine pousse doucement l’air dans mon nez. La sensation n’est pas désagréable, je parviens même parler, je peux bloquer l’air à
l’envi. Je reste branché comme ça environ 2 minutes, en discutant avec les collègues présents. A la fin je me suis dit que les gens qui se plaignent sont vraiment douillets.

Au moment où j’allais fanfaronner on me demande si je veux essayer avec une pression un peu plus sérieuse. Je n’avais pas fait attention mais le bouton de la machine était réglé entre 2 et 3 sur une échelle de 10, j’avais donc expérimenté une « douce brise printanière », parfaite pour les apnéiques modérés, mais qui ne correspond pas du tout à ce que peuvent ressentir les patients dont le syndrome est plus sévère.

J’accepte donc sans appréhension un réglage plus fort, que ma collègue s’empresse de le modifier. Je remets donc le masque en place, elle met la machine en route, la pression grimpe progressivement (on appelle ça une rampe) et je me retrouve rapidement avec un niveau de pression tel que je ne peux plus vraiment offrir de résistance au passage de l’air, mes tissus et mes muscles sont poussés, la moindre tentative d’opposition se solde par un gargouillis assez spécial. La machine détecte le moment où je termine mon
expiration et monte doucement en pression pour aider l’air à passer pendant que l’inspire, elle le fait assez délicatement. Je ne me suis pas senti oppressé ou agressé par le flux d’air, bien qu’avec le réglage plus fort il faille un petit temps d’adaptation aux sensations inhabituelles que cela provoque.

Cette courte expérience de pression positive continue m’a permis de mieux cerner la lourdeur du traitement, j’imagine qu’au début s’endormir avec cet équipement relève de la gageure, mais au fil du temps et en ressentant les améliorations que le traitement engendre les choses doivent devenir plus faciles.
Mon opinion sur l’importance d’une coopération entre patients et soignants a été nettement renforcée, l’adaptation au traitement est une période très sensible où des difficultés non résolues peuvent avoir des conséquences très néfastes sur la motivation et les résultats de l’utilisation de l’appareil.

Et vous ? Quels sont les souvenirs les plus marquants de vos premiers moments « branchés » ?

3 réflexions au sujet de « Soufflé par la PPC ! »

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  2. Ce qui frappe, c’est que le temps et la coopération ont finalement raison de la gageure!
    Si le coup de foudre entre l’appareil et l’apnéique ne se fait pas d’emblée, on peut miser sur le temps pour que soient possibles un ajustement, une adaptation, véritable construction commune!

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